Si le lapidaire occupe la conscience collective des Septmoncelands et des Hauts Jurassiens, il n'en n'est pas de même pour le commun des mortels qui ignore souvent la définition de lapidaire à savoir la taille et le polissage de pierres de couleurs.
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Parler de ce métier et évoquer
sa pratique à Septmoncel et ses environs suscitent toujours curiosité,
fascination, particulièrement auprès de la gente féminine. En effet
comment imaginer et ne pas trouver curieux qu'une zone de montagne aussi
reculée puisse revêtir un tel blason en terme d'activité économique. |
La révocation de l'Édit de Nantes en 1685 par Louis
XIV entraîna l'exil, principalement en Hollande mais aussi à Genève, de toute
la corporation de diamantaires et lapidaires installés à Paris qui était
composée principalement de juifs et de protestants. Ces derniers ont trouvé
dans le Haut Jura, une main d'œuvre capable de faire preuve d'une dextérité
particulière tout en étant capable de les représenter commercialement en
France et particulièrement à Paris. Les Hauts Jurassiens portaient leur
travail à Paris 3 ou 4 fois par an. Ils faisaient leur voyage à pied toujours
à plusieurs pour plus de sécurité. Les premiers furent des nommés Chevassus
Berche, Dalloz Furet, Fournier, Gauthier-Clerc. D'autres lapidaires, avec un
sens aiguisé des affaires et un souci d'indépendance, comprirent qu'il était
important d'installer un membre de la famille comme " marchand lapidaire
" à Paris. Les familles David Nillet, Fournier Mousse pour ne citer que
quelques exemples furent un lien avec la capitale. Ce contact favorisa une
certaine ouverture d'esprit et faisait que Septmoncel était " In ".
| La production, quant à elle,
a débuté autour d'un établi lapidaire dans les fermes comme activité
secondaire occupant ainsi les longs mois d'hiver et assurant un
complément de revenu somme toute très modeste. Beaucoup plus tard , le
système coopératif fort pratiqué dans le secteur de Saint-Claude
donnera naissance en 1920 à une coopérative lapidaire à Septmoncel. Au
cours de la même période, les premiers ateliers feront leur apparition
(Simon Benoit Gonin vers 1900, Établissements Hermann Gauthier vers 1928
). Par la suite, d'imposantes usines ont été construites au centre du village par le Groupe Dalloz industrie lapidaire après la seconde guerre mondiale. En dernier lieu, une usine moderne sera édifiée sur plus d'un hectare au Grand-Essart en 1996. |
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Au cours de son histoire, la lapidairerie Haut
Jurassienne a connu des crises sévères et des évolutions notables. Le 15 mai
1806, le Conseil d'Arrondissement de Saint Claude débute comme suit : " Il
existe à Septmoncel et aux Molunes une fabrique de lapidairerie qui occupait
avant la révolution 600 ouvriers et qui en emploie à présent 60 ".
Les crises de 1929 et des années 70 vont aussi porter un coup fatal à bon
nombre de lapidaires.
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Les évolutions furent nombreuses
tant sur les matières taillées que sur les procédés et machines
utilisés. Un premier progrès fut atteint avec le bâton mécanique
(vers 1885) avant que machines et porte pierres fassent franchir un niveau
de productivité considérable.
Les techniques actuelles, même si on taille
encore parfois à la main, n'ont plus rien à voir avec les procédés
d'antan. Il est à noter que la pierre précieuse ou fine nécessite un savoir faire particulier au sens que ni la couleur ni la pureté du minéral ne sont uniformes et que l'art consiste à maximiser le poids tout en localisant judicieusement la couleur qui par réfraction sur les facettes puis du polissage, donnera tout l'éclat et la magnificence à la pierre.
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Les modes pour lesquelles on retrouve du fait du caractère géométrique de la taille une certaine récurrence ont fait que les formes ou les types de tailles peuvent être très différentes.